Persécutions
auxquelles font face les Palestiniens en Palestine occupée
Les Palestiniens qui vivent sous l’occupation
militaire israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza continuent d’être
explicitement et systématiquement privés de leurs droits et libertés civiques,
politiques, économiques, sociales et culturelles.
L’occupation militaire
- La Cisjordanie et la bande de Gaza, qui
constituent 22 % de la Palestine du Mandat britannique, sont soumises à
l’occupation militaire israélienne depuis 1967.
- La Résolution 242 des Nations Unies
stipule que l’occupation continue de ces territoires est illégale. La Résolution
proclame l’« inadmissibilité d’une acquisition territoriale dans le
cadre d’une guerre ». En fait, la communauté internationale reconnaît
l’illégalité de l’occupation continue des territoires palestiniens. Quoi
qu’il en soit, Israël refuse de mettre un terme à son occupation.
- L’occupation militaire israélienne est
en soi violente et constitue une violation du droit international et des lois
internationales concernant les droits de la personne. L’occupation militaire
actuelle entraîne nombre de conséquences créant de grandes souffrances pour
les Palestiniens qui voient leur vie, à tous les niveaux, contrôlée de façon
quotidienne par l’armée d’occupation.
- L’occupation militaire viole bon nombre
de résolutions des Nations Unies et conventions internationales, telles que :
·
les résolutions 194, 242,
338, 1397 et 1402 des Nations Unies, pour n’en mentionner que quelques-unes
·
la 4ème
Convention de Genève
·
les Règles de La Haye
·
le Code de conduite des
Nations Unies pour les responsables de l’application des lois
·
Le Pacte international
relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
·
La Convention internationale
sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale
·
la Convention relative aux
droits de l’enfant, et d’autres encore.
Le
Canada a ratifié chacun de ces instruments ou y a adhéré.
Palestiniens blessés et tués : violence
systématique, assassinats
et boucliers humains
- Depuis le début de la seconde Intifada en septembre 2000, plus de 2 755
Palestiniens ont été tués et 28 000 ont été blessés. La plupart
d’entre eux étaient des civils. Le total des enfants palestiniens tués se
monte à 460 [en mars 2004]. Le nombre d’enfants tués – ces morts sont
principalement causées par les attaques terrestres et aériennes – a subi une
augmentation en 2003.
- Le recours
aveugle à la violence est illustré encore
plus explicitement par l’utilisation d’obus à fléchettes à Gaza.
L’utilisation de ce type d’armes anti-personnel dans un endroit aussi densément
peuplé que Gaza fait courir d’importants risques aux civils, et aucune
distinction n’est faite entre les civils et les cibles militaires.
- Pilonnages,
fusillades et bombardements aériens :
les collectivités palestiniennes, particulièrement celles situées près des
colonies israéliennes et des bases militaires, sont fréquemment la cible de
pilonnages et de fusillades systématiques sur leur zones résidentielles; à
certains endroit, ces attaques se produisent chaque nuit. Les villages et camps
de réfugiés palestiniens sont soumis aux tirs de mitrailleuses et de blindés,
tandis que des hélicoptères de combat Apache et les avions de chasse F-16
bombardent les installations de l’Autorité palestinienne dans les zones
civiles. Un tel usage de la force est disproportionné et fréquemment systématique,
provoquant des morts et des dommages et la destruction de nombreuses maisons.
- Les forces israéliennes de sécurité dans les territoires occupés
opèrent conformément à des Réglementations
sur l’utilisation des armes, qui limitent les circonstances dans
lesquelles il est permis d’ouvrir le feu sur une personne. Malgré ces règlements,
du début de la première Intifada (9 décembre 1987) à la fin de mai 2003, les
forces israéliennes de sécurité ont tué 3 399 Palestiniens dans les
territoires occupés, la majorité d’entre eux par arme à feu. Sur ce nombre
de morts, 659 sont des mineurs de moins de 17 ans. La principale cause de ces
morts est la politique délibérée permettant l’utilisation d’armes à feu
potentiellement mortelles dans des situations où les soldats ne sont pas en
danger.
- La violence due
aux forces de sécurité : selon de
nombreux témoignages recueillis par B’Tselem et d’autres organisations de défense
des droits de la personne, les forces de sécurité emploient à l’encontre
des Palestiniens la violence, parfois une violence brutale, alors que celle-ci
n’est nullement nécessaire ni justifiée.
- Dans un cas, un porte-parole des FDI a émis une déclaration
officielle qui prétendait que le soldat qui a tué un civil palestinien à Beit
Omer, dans le secteur d’Hébron, en novembre 2000, l’avait tué en situation
d’autodéfense, après que l’homme eut essayé de dérober son arme. Les
recherches approfondies de B’Tselem ont révélé que cette affirmation était
fausse. En fait, le Palestinien a été tué suite à la suite d’une dispute
verbale avec le soldat. Au cours de la dispute, le soldat a visé le Palestinien
à la tête et a tiré sur lui.
- Assassinats
extra-judiciaires : d’octobre 2000 à
avril 2003, les FDI ont tué plus de 230 Palestiniens, y compris 80 enfants,
femmes et passants innocents, dans le cadre d’assassinats extra-judiciaires.
Plus de 300 personnes ont été blessées lors de ces actions.
- Boucliers humains :
au cours de l’Intifada al-Aqsa, les soldats des FDI ont utilisé des civils
palestiniens comme boucliers humains. Cette pratique a été principalement
employée lors d’opérations menées par les FDI dans des agglomérations
palestiniennes, telles que l’opération Rempart. La méthode est toujours la même :
les soldats choisissent au hasard un civil et l’obligent à les protéger en
lui faisant accomplir des tâches qui mettent sa vie en danger. Les soldats sur
le terrain n’ont pas initié cette pratique; l’ordre d’employer des civils
comme moyens de protection a été donné par des d’officiers supérieurs de
l’armée.
Les démolitions de maisons et la destruction de propriétés
- Les punitions collectives infligées aux Palestiniens, sous forme de
destruction de propriétés, entre autres, ont eu de graves conséquences pour
le peuple palestinien et l’environnement de la Palestine. Selon Jeff Halper,
le directeur du Comité israélien contre les démolitions de maisons, « le
bulldozer est devenu un symbole de l’armée israélienne au même titre que la
mitraillette et le blindé ».
- La situation est particulièrement grave dans la bande de Gaza.
Voici ce que rapporte le commissaire général de l’UNRWA :
À la fin de mai 2003, un total de 1 134
maisons [avaient] été détruites par l’armée israélienne dans la bande de
Gaza, privant ainsi de toit près de 10 000 personnes. Malheureusement,
cette politique n’est pas en déclin. Au cours des deux premières années de
l’Intifada, le nombre moyen de maisons détruites dans la bande de Gaza –
une statistique aussi déprimante que surréaliste – était de 32 par mois.
Depuis le début de 2003, cette moyenne est montée à 72. Fait troublant, la
publication de la feuille de route n’a pas eu d’impact à ce jour.
- Selon diverses informations, l’armée israélienne a détruit
environ 4 000 maisons au cours des trois dernières années, faisant des
milliers de sans-abris, dont un grand nombre de
femmes, d’enfants et de personnes âgées.
- La destruction de
milliers d’acres de terres agricoles,
fondée sur l’affirmation voulant que des Palestiniens utilisent ces terres
pour ouvrir le feu sur des cibles israéliennes, et la destruction de quartiers
résidentiels entiers, motivée par la présomption selon laquelle certains
d’entre eux dissimuleraient des tunnels, constituent une atteinte excessive à
la population. Une telle atteinte est illégale.
- Depuis le début de l’Intifada al-Aqsa, Israël a détruit des centaines de maisons, a déraciné des
milliers d’arbres, et a détruit des milliers d’acres de terres dans la
bande de Gaza. Dans presque tous les cas de démolitions, les maisons étaient
occupées, et leurs résidents ont dû fuir alors que les bulldozers
apparaissaient devant leur porte.
La confiscations de terres et le Mur
- Il doit être clair que ce à quoi nous assistons en Cisjordanie est
un acte visible et clair d’annexion
territoriale, dissimulé par des considérations sécuritaires.
- Israël construit actuellement un mur en Cisjordanie, qui,
lorsqu’il sera terminé, fera environ 450 km de long (peut-être même
650 km). À ce jour, environ 150 kilomètres ont été construits, et des
entrepreneurs y travaillent frénétiquement pour qu’il soit terminé le plus
tôt possible. Par endroits, cette barrière prend la forme d’un mur de huit mètres
de hauteur (près de Qalqiliya).
- Le Mur entraîne de graves conséquences pour les droits de la
personne. Il restreint encore d’avantage les libertés de mouvement des
Palestiniens, limite leur accès aux installations scolaires et sanitaires et
entraîne la confiscation illégale de leurs propriétés. Toutefois, le Mur a
des conséquences encore plus graves, puisqu’il viole deux des principes les
plus fondamentaux du droit international : l’interdiction de
l’acquisition territoriale réalisée par la force et le droit à l’autodétermination.
Les postes de contrôle
- Les mots « postes de contrôle », « bouclages »
et « couvre-feux » ne peuvent illustrer pleinement l’énormité de
ce qui se déroule en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. En effet, un poste
de contrôle n’est pas seulement un poste militaire placé sur une route pour
vérifier les papiers des piétons et des automobilistes qui souhaitent passer.
- Chaque jour, des milliers de Palestiniens doivent passer par ces
postes de contrôle afin de se déplacer de la maison au travail, d’aller à
l’école ou à l’hôpital et de visiter les amis et la famille. Chaque jour,
des Palestiniens sont obligés de perdre des heures pour passer par ces postes
de contrôle. Fréquemment, ils doivent laisser leur voiture à un poste de
contrôle et marcher sur des routes poussiéreuses pour atteindre un autre poste
de contrôle afin d’y prendre un taxi jusqu’à leur destination. On rapporte
d’innombrables cas d’impolitesse, d’humiliations et de brutalité aux
postes de contrôle.
- Les ambulances sont souvent retardées, et des femmes doivent donner
naissance aux postes de contrôle. Les postes de contrôle ne sont pas tant une
mesure de sécurité pour s’assurer que les kamikazes n’entrent pas en Israël
qu’une forme d’institutionnalisation de l’humiliation du peuple
palestinien.
- Il y a quelques 300 postes de contrôle ou barrages, dont environ
140 avec présence militaire.
- Si tant est qu’il soit possible, un voyage, même sur une courte
distance, entre les villes et villages de Cisjordanie, représente un périple
long, coûteux et potentiellement dangereux pour les Palestiniens. Les détours
pour éviter les postes de contrôle, les barrages ou les régions qui leurs
sont interdites obligent souvent les voyageurs à s’éloigner de plusieurs
kilomètres de leur trajet, parfois sur des chemins qui parcourent des collines
ou les contournent, changeant souvent de véhicule et traversant des barrages à
pied. De plus, cela implique le risque d’être forcé à rebrousser chemin,
harcelé ou même tué. De tels détours sont difficiles, voire impossibles pour
les malades et les personnes âgées, ainsi que pour ceux qui transportent des
bagages lourds ou des enfants.
- Le blocage des routes d’accès à certaines villes et villages,
effectué à l’aide de postes de contrôle ou de blocs de béton, de monceaux
d’ordures ou de tranchées, est également fréquent. Depuis octobre 2000, la
plupart des communautés palestiniennes de Cisjordanie ont été isolées de
cette façon, et leurs résidents coupés du reste du monde.
- Le personnel de B'Tselem qui s’occupe de la surveillance des
postes de contrôle a recueilli les témoignages de dix Palestiniens qui ont été
agressés entre le 27 et le 31 décembre par les soldats en poste au poste de
contrôle de Sarra. Entre autres abus, une simulation d’exécution, des
passages à tabac sérieux, et le ligotage de certaines victimes. Ces actes de
violence ont été perpétrés de façon régulière.
- En 2001, le Comité des Nations Unies pour les droits économiques,
sociaux et culturels a affirmé qu’Israël perpétrait
…des violations continues et flagrantes des
droits économiques, sociaux et culturels dans les territoires occupés,
particulièrement dans le cadre des mesures sévères adoptées par l’État
afin de restreindre le mouvement des civils entre des points à l’intérieur
et à l’extérieur des territoires occupés, leur coupant l’accès à la
nourriture, à l’eau, aux soins de santé, à l’éducation et au travail.
L’assiégement, les couvre-feux et les bouclages
- Les villes et villages de Cisjordanie ont souvent été placés sous
couvre-feu, et dans bien des cas pour des périodes prolongées. Depuis que
l’armée israélienne a repris le contrôle des principales villes de
Cisjordanie au printemps de 2002, des couvre-feux de 24 heures sur 24 ont été
imposés pendant plusieurs jours et, dans certains cas, plusieurs semaines.
L’armée interrompt complètement la fourniture de services vitaux et la
circulation des ambulances. Par moment, les couvre-feux sont levés pendant
quelques heures pour permettre aux Palestiniens d’acheter le strict minimum.
- Naplouse est la ville qui a été le plus soumise aux couvre-feux,
et elle est demeurée sous un couvre-feu de 24 heures pendant cinq mois après
le 21 juin 2002, en plus d’un mois lors duquel elle a été soumise à un
couvre-feu nocturne. Dans le secteur H2 de Hébron, quelques trente mille
Palestiniens vivent sous couvre-feu total ou partiel la plupart du temps afin de
permettre aux 500 colons israéliens de se déplacer librement.
- Lorsqu’une ville ou un village sont soumis à un couvre-feu,
l’armée israélienne prévoit généralement de permettre que les civils se déplacent
quelques heures pendant le jour. Toutefois, les interruptions prévues des
couvre-feux sont souvent annulées sans préavis. Les membres des forces israéliennes
de sécurité recourent fréquemment au tir à balle réelle pour faire
respecter les bouclages, tuant et blessant ainsi nombre de Palestiniens non armés.
Des soldats ont ouvert le feu sur des Palestiniens qui contournaient des postes
de contrôle, traversaient des tranchées, déplaçaient des barrières ou
violaient un couvre-feu. Ils ont tiré sur du personnel ambulancier, sur des
employés municipaux, et sur des journalistes qui avaient pourtant planifié
leurs déplacements à l’avance avec l’armée israélienne.
- Selon la Société du Croissant Rouge palestinien, le nombre total
de journées sous couvre-feux imposés aux principales villes et villages
palestiniens, entre septembre 2000 et le 8 février 2004, s’élève à 1 081
jours.
- Les restrictions de mouvement les plus extrêmes : lors des
couvre-feux, les résidents ne peuvent en aucun cas sortir de leurs maisons. Après
le début de l’Opération Voie immuable, le 18 juin 2002, les couvre-feux ont
été la routine pour des centaines de milliers de Palestiniens.
- Depuis le début de l’Intifada al-Aqsa, Israël a imposé une
fermeture complète des territoires occupés, et a empêché les déplacements
des Palestiniens entre les territoires occupés et Israël et entre la
Cisjordanie et la bande de Gaza.
Les
emprisonnements, la détention administrative et la torture
- Selon les informations détaillées
publiées par des organisations palestiniennes de défense des droits de la
personne et des ONG palestiniennes spécialistes des questions juridiques, outre
des sources officielles telles que les statistiques fournies par le Comité
international de la Croix-Rouge (CICR) et les forces de l’occupation militaire
israélienne, le nombre de Palestiniens détenus depuis le début de la présente
Intifada s’élève à 28 000. Actuellement, il y a environ 5 700
prisonniers (hommes et femmes) détenus dans quatre centres de détention. Ce
nombre comprend 1 200 personnes en « détention administrative »,
détenus sans accusation ni procès. De plus, il y a 66 détenues dans la prison
d’al-Ramleh, à l’intérieur de la Ligne verte, et environ 200 garçons de
moins de 18 ans qui se trouvent dans des conditions de détention très
difficiles.
- La surpopulation dans la prison pour femmes
de Ramleh, où dix filles ont été détenues en octobre 2003, implique qu’il
y a jusqu’à huit femmes par cellule, les cas de maladies de la peau étant en
augmentation à cause de ces conditions. Selon les rapports, la qualité de la
nourriture est très mauvaise et les portions ont été réduites de moitié
dans les dernières semaines. L’administration de la prison a même interdit
les livres scolaires et autre matériel éducatif que les familles avaient
l’habitude de leur apporter. Les détenues qui ont été condamnées ne
peuvent même pas avoir de livres, quels qu’ils soient. Ces restrictions sont
en totale contradiction avec le droit civil israélien et avec le droit
international.
- Le secrétariat international de
l’Organisation mondiale contre la torture a été informé par le Comité
public contre la torture en Israël (PCATI) et par Défense des enfants
international/Section palestinienne (DCIPA), autre membre du réseau
SOS-Torture, de la situation alarmante de nombreux détenus mineurs palestiniens.
L’OMCT est sérieusement préoccupée par le nombre élevé d’allégations
faisant référence à des arrestations illégales, à des détentions, à de la
torture, et à de mauvais traitements subis par des mineurs alors qu’ils sont
en détention provisoire ou dans des centres de détention israéliens, ainsi
que par les conditions de détention, souvent inhumaines.
- À cause de la surpopulation des
installations permanentes, de soi-disant « centres temporaires »,
sans installations spéciales pour les mineurs, sont toujours utilisés pour la
détention d’enfants durant des périodes prolongées. Cela comprend aussi des
mineurs qui ont été condamnés, bien qu’ils soient censés être placés
dans des centres permanents régis par les lois israéliennes. Dans le Centre de
détention militaire d’Atzion, sept prisonniers sont détenus dans des
celulles de 2,5 m sur 2,5 m, sans aucune distinction entre les adultes
et les mineurs. De plus, Atzion est reconnu pour être le centre dont les
conditions de détentions sont le plus difficiles. Outre des allégations fréquentes
et très sérieuses de torture et de mauvais traitements, les détenus n’ont
pas accès à des installations hygiéniques élémentaires, ni à une
nourriture adéquate, ni à des toilettes.
- Il y a 6 000
Palestiniens dans les prisons et dans les centres de détentions israéliens.
Certains ont été condamnés, d’autres non. Le nombre des détenus comprend
175 mineurs et 70 femmes.
- Les conditions de vie dans
les prisons sont très difficiles en raison du fait que les administrations pénitentiaires
ne tiennent nullement compte des besoins élémentaires des détenus. Au
contraire, ils ne respectent même pas des besoins vitaux tels que le besoin de
nourriture et d’eau et autres besoins de base, et ils violent les normes et
instruments internationaux de protection des droits de la personne. De plus, les
administrations pénitentiaires ne fournissent pas aux détenus les soins médicaux
de base; les malades ne sont pas examinés par des docteurs et ne recoivent
pas les médicaments ou les traitements nécessaires, particulièrement ceux qui
souffrent de maladies chroniques, comme l’insuffisance rénale, etc.
- Les détentions
indiscriminées et arbitraires dont font l’objet les civils palestiniens aux
mains des forces d’occupation représentent une forme de punition collective,
en infraction de l’Article 33 de la 4ème Convention de Genève.
Cet article stipule qu’« Aucune
personne protégée ne peut être punie pour une infraction qu'elle n'a pas
commise personnellement. Les peines collectives, de même que toute mesure
d'intimidation ou de terrorisme, sont interdites ».
- Les forces israéliennes
d’occupation s’arrogent le droit, dans le cadre des Lois d’urgence
britanniques [en vigueur avant 1948, n.d.t.], de détenir tout Palestinien pour
une période prolongée sans accusation ni procès. Cette procédure est en
contradiction avec les clauses de la 4ème Convention de Genève de
1949.
- Au fil des ans, Israël a
détenu des Palestiniens pour des périodes prolongés, sans leur faire de procès
et sans les informer des soupçons pesant contre eux.
- Dans une publication intitulée Back
to a Routine of Torture [Retour à la torture routinière, n.d.l.t],
couvrant la période de septembre 2001 à avril 2003, le PCATI a estimé que,
pour la première moitié de 2003,
[…]chaque mois, des centaines de Palestiniens sont soumis à une forme
ou une autre de torture ou à d’autres formes de traitements cruels, inhumains
ou dégradants, de la part du Service de sécurité générale (General
Security Service, GSS)
et des organismes qui travaillent pour eux. […] Les
organismes qui sont censés surveiller le GSS et s’assurer que les
interrogatoires sont menés en toute légalité agissent plutôt
comme de simples sceaux d’approbation pour les décisions de ce
service.
[traduction non officielle]
- Les interrogatoires sous la torture sont absolument interdits par
les lois israéliennes et par les lois internationales. Toutefois, les
forces israéliennes de sécurité ne respectent pas cette interdiction et
torturent les Palestiniens lors d’interrogatoires.
- En juillet 2001, B’Tselem a publié un rapport sur les cas de
torture qui ont eu lieu, entre octobre 2000 et janvier 2001, pendant les
interrogatoires de Palestiniens au poste de police de Gush Etzion. Les victimes
étaient de jeunes gens âgés de quatorze à dix-sept ans. Dans la plupart des
cas, la police les avait arrêtés chez eux au milieu de la nuit et les avait
amenés au poste de police de Gush Etzion, où des interrogateurs les ont torturés
jusqu’au matin. L’objectif des policiers était d’obtenir des aveux et des
renseignements sur d’autres mineurs. Les méthodes de torture décrites dans
le rapport comprennent : forcer les mineurs à demeurer dans des positions
pénibles pendant de longues périodes de temps, les battre violemment pendant
plusieurs heures, parfois à l’aide d’objets divers, jeter de l’eau froide
sur les détenus, et ce à l’extérieur, dans des conditions hivernales, les
forcer à mettre leur tête dans les toilettes et tirer la chasse, leur faire
des menaces de mort, les insulter et les traiter de façon dégradante.
Les
attaques contre le personnel médical
- Du 29 septembre 2000 au 27 juin 2003, on a rapporté 966 cas
d’ambulances de la Société du Croissant Rouge Palestinien retardées (la
SCRP appelle « retard » tout délai d’au moins quinze minutes dû
à la retenue à un poste de contrôle) ou interdites de passage par l’armée
israélienne.
- L’armée israélienne interdit l’accès aux ambulances de
diverses façons. Parfois, les soldats d’un poste de contrôle interdisent
simplement le passage à une ambulance; c’est la forme d’entrave la plus fréquente.
Dans d’autres cas, les ambulances sont attaquées et doivent quitter les lieux.
- À Naplouse, le 3 février 2003, à 21h, les soldats israéliens du
poste de contrôle de la rue de Jordanie ont mis en joue une ambulance pour que
le conducteur s’arrête et ont obligé celui-ci à rebrousser chemin.
L’ambulance transportait un enfant souffrant de troubles cardiaques, de sa
maison du camp de réfugiés de Balata vers un hôpital de Naplouse.
- Les conducteurs, les médecins et les patients sont interrogés aux
postes de contrôle, où quelques soldats israéliens ont de fait droit de vie
ou de mort sur les malades, puisqu’ils décident du degré d’urgence des
traitements médicaux nécessaires et de l’étendue de la fouille qui doit être
faite de l’ambulance.
- Selon le ministère palestinien de la Santé, 91 patients sont décédés
à des postes de contrôle de l’armée israélienne entre le début de la
seconde Intifada et le 5 avril 2003.
- Les ambulanciers sont fréquemment détenus durant leur service.
Qu’il y ait ou non un patient dans l’ambulance à ce moment, la détention
des techniciens immobilise l’équipe médicale et l’ambulance, les empêchant
d’accomplir leur travail humanitaire. Entre le 29 septembre 2000 et le 27 juin
2003, 80 volontaires et employés de la SCRP (Société du Croissant Rouge
Palestinien) ont été arrêtés en service. Ce nombre exclut les brèves détentions
informelles qui surviennent fréquemment aux postes de contrôle.
- Entre le 29 septembre 2000 et le 27 juin 2003, la SCRP a enregistré
255 attaques israéliennes contre des ambulances. Des ambulances de la SCRP, 118
ont été endommagées, certaines plus d’une fois. De ce nombre, 28 ne peuvent
être réparées.
- Le 26 octobre, lors d’affrontements entre des
Palestiniens et les troupes israéliennes dans le village de Zeha, près de
Tulkarem (Nord de la Cisjordanie), M. Emad Hussein Abu Snahneh, souffrant
d’inhalation grave de gaz lacrymogène et d’asthme, a commencé à suffoquer.
Une équipe de la SCRP a pris en charge (ambulance #61-900-90) M. Snahneh à
15h30, pour le conduire à l’hôpital en raison de la gravité de son état.
Environ trente soldats israéliens ont arrêté le véhicule et ont menacé les
ambulanciers de leurs fusils. L’équipe médicale a essayé de leur expliquer
la gravité du cas et la nécessité d’une hospitalisation. Malgré toutes les
tentatives de convaincre les soldats de permettre au véhicule de passer, les
soldats ont sorti M. Snahneh de l’ambulance, l’ont frappé au visage et
l’ont emporté dans un véhicule militaire.
Crise humanitaire: pauvreté et malnutrition
- Le secrétaire général de l’ONU pour
les Affaires humanitaires, Jan Egeland […] a noté que les Nations Unies sont
de plus en plus préoccupées de la situation dans les territoires occupés, et
qu’il pourrait y avoir une énorme crise humanitaire si la situation continue
de se détériorer et si la difficulté d’accès des groupes d’aide
humanitaire à la population s’accroît encore. Egeland a affirmé […] que
plus d’un million de Palestiniens pourraient sombrer dans cette situation qui
se détériore.
- Quelque 60 % de la population
palestinienne vit sous le seuil de pauvreté de 2,10 $US par jour, et le taux de
chômage s’élève à près de 50 %.
- 22 % des enfants palestiniens de moins
de cinq ans souffrent de malnutrition et 9,3 % de malnutrition grave; ces
chiffres sont, respectivement, trois et huit fois supérieurs à ceux de 2000.
- 15,6 % des enfants palestiniens
souffrent d’anémie sévère, ce qui peut entraîner un retard permanent de
leur développement physique et mental. La consommation de nourriture a diminué
de 30 % en moyenne par personne, et 60 % des foyers palestiniens
vivent maintenant dans une grave pauvreté, la moitié d’entre eux dépendant
de l’aide alimentaire internationale.
- Le déclin spectaculaire du niveau de vie
des Palestiniens des territoires occupés a provoqué une augmentation de la
malnutrition et d’autres problèmes de santé.
Al Haq, « Couverture “légale” pour des pratiques illégales :
arrestations arbitraires et conditions d’emprisonnement des détenus
palestiniens dans les prisons et les centres de détentions israéliens »,
accessible en ligne (en anglais) à http://www.alhaq.org/humanrights/index.htm
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